Décret Tertiaire : il faut rassurer sur la faisabilité des objectifs

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À travers un décret d’application, la loi Élan pose un objectif de réduction des consommations énergétiques des bâtiments tertiaires à horizon 2030. Les entreprises de la transition énergétique et numérique ont une place centrale dans la mise en œuvre de cette mutation. Explication avec Anne Valachs, Directrice générale du SERCE.

Avec le nouveau décret Tertiaire, quel est le potentiel d'activité pour les entreprises du SERCE ?

Le texte pose des objectifs clairs : la réduction de 40 % de la consommation d'énergie finale en 2030 par rapport à 2010, 50 % en 2040 et 60 % en 2050. Le potentiel d’activité pour les entreprises du SERCE est très important, puisque sur les 900 millions de m² concernés, seulement 1,5 % est rénové à l’heure actuelle. Nous avons calculé qu'avec 1 % de plus, on créerait 40 000 emplois supplémentaires.

Nos adhérents travaillent depuis longtemps dans l'efficacité énergétique du bâtiment et sont particulièrement bien placés pour réaliser ces rénovations. D’autant plus que la part de l’électricité augmente continuellement au sein des bâtiments du tertiaire, avec notamment le développement de la bureautique, de la climatisation et des équipements spécifiques aux activités spécialisées (hôpitaux, hôtels, écoles, restaurants…), ainsi que la production d’énergie en autoconsommation, le pilotage de l’éclairage et de la température, ou la mise en place de l’IoT qui accompagne ces systèmes. Qu’elles soient petites, moyennes ou grandes, les entreprises du SERCE se retrouvent dans toutes ces activités.

Comment accompagnez-vous les entreprises sur ce sujet ?

Sur le plan des compétences, nos entreprises sont déjà prêtes. Pour attirer les jeunes vers ces métiers, nous avons mis en place des outils (comme le site www.metiers-electricite.com) et menons des actions de communication auprès des écoles.

Le SERCE les accompagne également en mettant à leur disposition des outils pour sensibiliser les propriétaires concernés. Il s’agit de rassurer ces derniers quant aux objectifs fixés et de leur expliquer la faisabilité des projets. Nous avons pour cela réalisé et mis en ligne quatre vidéos : une première pour décrypter le décret Tertiaire, ses objectifs et les moyens pour y répondre ; une deuxième sur l’efficacité énergétique et les leviers d’action ; et deux autres vidéos, plus spécifiques, sur les Contrats de Performance Énergétique. Elles servent aussi bien aux clients des entreprises qu’à leurs équipes en interne, qui pourront s’approprier le raisonnement et la pédagogie du support.

Nous avons aussi animé une conférence en novembre sur le Salon des Maires afin de toucher les maîtres d’ouvrage publics, qui ne sont pas forcément au courant de la réglementation. L’occasion pour des adhérents du SERCE de présenter des exemples concrets de réalisations et les conséquences sur les budgets de fonctionnement.

En parallèle, le SERCE répond à des interviews sur différents supports et co-organise cette année le Grand Circuit Énergiser le Bâtiment, toujours dans le but d’expliquer le décret Tertiaire et le rôle que la profession peut jouer pour accompagner les maîtres d’ouvrage concernés.

Que doivent développer les entreprises ?

Quand on fait de la rénovation énergétique, il faut penser contrat de maintenance. Les économies ne tiennent pas sur la durée si les équipements ne sont pas maintenus. Les entreprises doivent veiller à rappeler aux maîtres d’ouvrage qu’il s’agit d’une prestation indispensable pour maintenir leurs performances et remplir leurs objectifs. Je pense que le mouvement est lancé avec le décret Tertiaire.

Le SERCE a participé à la concertation sur la nouvelle réglementation.

Nous avons en effet participé à la concertation et à tous les groupes de travail mis en place par le ministère. Chacun de ces groupes correspondait à une typologie de bâtiment. Nous avons invité des experts de nos entreprises pour enrichir la discussion par des exemples concrets de réalisations avec les pourcentages d’économie d’énergie réellement obtenus. Les parties prenantes ont ainsi mieux compris l’intérêt et la faisabilité de ces rénovations.

À présent, le SERCE poursuit ses travaux de sensibilisation au sein des institutions publiques. Sur la question des solutions de financement de la rénovation par exemple, nous proposons d’intégrer de nouvelles fiches standardisées de Certificat d’Économie d’Énergie.

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Retrouvez Anne Valachs et le SERCE
sur le Grand Circuit Énergiser le Bâtiment

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