Digitalisation, décentralisation, décarbonisation : les trois enjeux de la filière électrique

Que l’on considère la question sous l’angle de la production, de l’approvisionnement, de la sécurité ou de l’innovation, la filière électrique est au centre des enjeux de demain. José Campos, délégué régional Grand-Est de la Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique (FFIE), nous résume les défis présents et futurs portés par la filière.

Quels seront les enjeux de la filière dans les prochaines années ?

Pour les trois prochaines années, dans la Région Grand Est ainsi que dans toute la France, nous avons identifié trois enjeux prioritaires pour la filière électricité : la décarbonisation, qui consiste à réduire drastiquement les émissions de GES dans nos activités quotidiennes, la digitalisation et la décentralisation.

Dans un contexte d’industrialisation et d’urbanisation croissantes, les électriciens doivent être de plus en plus innovateurs et apporteurs de solutions technologiques innovantes. En bref, ils doivent être force de proposition dans leur spécialité. Le tout en étant à même de prendre en compte les avancées de l’intelligence artificielle en lien avec les potentiels de développement tel que, par exemple, l’habitat connecté : IRVE, autoconsommation, domotique, photovoltaïque…

Notre profession d’électricien est en constante évolution. Désormais, nous devons intégrer des compétences informatiques et des connaissances en matière de réseaux de télécommunication sur l’ensemble des domaines : tertiaire, industriel et logement individuel.

Le monde est en plein changement, et entraîne avec lui tout l’écosystème des intégrateurs et des installateurs électriciens. En conséquence, notre profession est en pleine mutation, tout comme notre rôle de manager. Ce qui nous impose de saisir l’opportunité de nous positionner sur des nouveaux marchés et de mettre en avant le savoir-faire de nos techniciens et de nos cadres pour redorer l’image de notre profession, et comme la dit notre président Emmanuel GRAVIER notre profession ne se limite pas qu’à « tirer des câbles ».

Quel est la situation du marché dans votre région ?

Nancy | le 15 novembre
Grand Circuit des Intégrateurs Electriciens

Participation gratuite à la conférence sur inscription

Dans notre région Grand-Est, l’année 2018 s’est avérée correcte. Les entreprises ont pu remplir leurs carnets de commandes et la conjoncture leur a permis d’augmenter leurs prix de vente. En revanche, nous craignons que ce ne soit plus le cas en 2019, en raison d’une baisse d’environ 30% des permis de construire.

Quelles stratégies adopter pour répondre aux nouveaux enjeux de la profession ?

Afin que les entreprises de notre secteur puissent continuer à se développer comme en 2018, elles devront se positionner sur des marchés porteurs tels que la domotique, l’IRVE et le photovoltaïque.

Pour ce faire, elles pourront compter sur la FFIE afin de mettre en place des formations pour l’ensemble des électriciens de notre fédération. Les chefs d’entreprises devront changer de stratégie commerciale. Ils devront être en mesure de connaître leur donneur d’ordre, les maîtres d’œuvre, les bureaux d’études ainsi que les diverses solutions techniques existantes dans notre secteur afin d’apporter des réponses techniques en termes d’économies d’énergies et tout autre solution permettant d’améliorer les projets de leurs futurs clients.

Comment préparer le secteur ?

Les stratégies que nous devons mettre en place sont essentiellement axées sur l’apprentissage et le développement des formations. Pour le premier point, nous devons former nos jeunes dans les meilleures conditions à l’aide de techniciens confirmés et expérimentés. Nous pourrons ainsi attirer des futurs professionnels et éviter de réitérer certaines erreurs passées comme la non prise en compte de la transmission de compétences. Cette omission avait entraîné une pénurie de techniciens qualifiés. Cette stratégie permettra aussi d’anticiper les départs en retraite pour qu’ils se déroulent sans écueil et, surtout, avec un maximum de reprises. La formation est également un impératif pour que les techniciens puissent monter en compétences, notamment sur les nouvelles technologies.

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