Emmanuel Gravier (FFIE) : « Faire face à la révolution énergétique et digitale »

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Emmanuel Gravier, président de la FFIE et vice-président de la FFB Grand Paris. La FFIE défend et promeut les entreprises de génie électrique et énergétique.

 A quels enjeux font face les entreprises d’électricité ?

L’activité a commencé à repartir depuis le second semestre mais les prix n’ont pas encore augmenté. Les difficultés économiques de ces dernières années ont placé la trésorerie des entreprises à un niveau très bas. Il faudra du temps pour reconstituer les marges. La situation est d’autant plus tendue que la profession fait face à une pénurie de personnel qualifié. C’est un constat qui se retrouve dans tous les corps d’état mais de manière plus aigu dans les métiers techniques comme celui des électriciens, car ces secteurs connaissent de nombreuses mutations technologiques. De nouvelles compétences et façons d’aborder la profession sont nécessaires pour faire face à la révolution énergétique et digitale. Plus que jamais les entreprises doivent se préparer et recommencer à former leurs salariés.

Comment abordez-vous ces évolutions au sein de la FFIE ?

Nous organisons des réunions - dont les étapes du Grand Circuit de l'Electricien font partie - pour former et sensibiliser les entreprises. Les premières rencontres nationales de la FFIE ont eu lieu l’année dernière sur le thème de la révolution digitale de l’énergie. A cette occasion nous essayons de capitaliser sur les expériences afin d’inciter les entreprises à être actives sur ces nouveaux marchés que sont les smart cities, les énergies renouvelables, la gestion intelligente du bâtiment ou encore les infrastructures de recharge des véhicules électriques.

La FFIE propose également des guides et de la documentation à ses adhérents. Cet accompagnement ne se limite pas à l’aspect technique mais s’étend sur la nécessité d’avoir une nouvelle approche commerciale. Sur un marché aussi technique que le notre, ce n’est pas toujours naturel de savoir proposer des services clés en main. Or, c’est un véritable enjeu pour la profession de développer des compétences commerciales, en proposant par exemple de la maintenance et des solutions de financement des travaux.

Quels sont vos projets pour 2018 ?

En plus d’être acteur dans des commission de normalisation électrique, la FFIE effectue un travail de sensibilisation auprès des parlementaires, ministres et secrétaires d’Etat afin de faire valoir des propositions concernant la filière. En allant à leur rencontre, l’objectif est de constituer un noyau de parlementaires sensibles à notre secteur parce qu'ils le comprendront mieux. L’un des principaux dossier concerne l’autoconsommation collective, avec la place qui sera réservée aux réseaux privés. La question de la reprise de l’activité est aussi très importante : comment trouver du personnel qualifié ? Comment ne pas rester à la traîne des changements ?

Nous préparons par ailleurs nos adhérents à l’arrivée du BIM. Avec les syndicats de fabricants, nous travaillons à la création d’une bibliothèque générique dans le domaine électrique. Cette bibliothèque sera lancée d’ici fin 2018.

Et puis nous poursuivons notre dynamique de préparation du futur avec les deuxièmes rencontres de la FFIE, qui se tiendront le 8 février prochain à Paris. Le thème : « être électricien à l'ère numérique, quelle valeur ajoutée ? ». Les entreprises d'électricité ont une véritable force car ce sont les interlocuteurs privilégiés du client final. Avec ce rôle de prescripteur et sa présence sur tout le territoire, l’électricien a de nombreuses opportunités à saisir pour les années à venir. C’est ce message de cohésion, de puissance et d’optimisme que nous souhaitons faire passer aux électriciens.

 

Interview réalisée dans le cadre du Grand Circuit des Installateurs Électriciens

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