Le grand chantier de l’autoconsommation d’électricité renouvelable prêt à démarrer

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La question de la bonne architecture de rémunération de l'autoconsommateur et de l'autoproducteur et celle des secteurs ciblés sont au coeur d'un rapport présenté par le ministère chargé de l'écologie.

 

Suite aux travaux du groupe de travail autoconsommation/autoproduction, la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) publie un rapport sur l'autoconsommation et l'autoproduction de l'électricité renouvelable. Cette réflexion a permis d'identifier et de caractériser les enjeux et défis soulevés par la question dans le but de prévoir les dispositions adaptées.

L'autoproduction consiste à produire sur son propre site tout ou partie de l'électricité que l'on consomme. Elle est associée à la notion d'autoproduction, qui est le fait de produire sa propre consommation.

Remarque : une situation d'autoconsommation/autoproduction ne signifie pas être en autarcie énergétique. Les sites de consommation auront toujours besoin de recourir pendant certaines périodes au réseau électrique traditionnel soit pour se fournir en électricité, soit pour injecter l'électricité produite en excédent.

Dans un contexte où les coûts de production des installations d'électricité renouvelable diminuent et où les prix de l'électricité augmentent, cette pratique est destinée à se développer.

 

Ce système est particulièrement adapté pour la filière photovoltaïque, notamment dans les secteurs tertiaires et industriels (industrie, agroalimentaire, logistique, agriculture, etc.), dont la consommation est plutôt régulière et continue et concomitante avec les périodes de production. C'est pourquoi les recommandations du groupe se concentrent sur le photovoltaïque.

 

Il propose d'expérimenter un dispositif de soutien à l'autoconsommation/autoproduction. Seraient concernés :
- les installations du segment tertiaire/industriel de puissance supérieure à 100 kWc dans le cadre d'un appel à projets ;
- celles d'une puissance inférieure à 100 kWc. Le soutien reposerait sur un système de prime à l'énergie autoconsommée et d'achat de l'énergie en surplus ;
- les îlots urbains (bâtiment collectif, groupe de bâtiments voire territoire ou quartier), dans le cadre d'un appel à projets.

 

A l'issue de la période expérimentale et en fonction des résultats, un dispositif d'autoconsommation/autoproduction pourra se substituer au dispositif de soutien actuel.

 

Compte tenu de leurs spécificités (part des énergies fossiles élevée, coûts de production élevés, fort ensoleillement, etc.), les zones non interconnectées (ZNI) constituent des territoires favorables aux expérimentations.

 

Dans le secteur résidentiel diffus (maisons individuelles), le groupe de travail recommande la définition d'une prestation de service globale standardisée qui ferait référence et qui couvrirait notamment les aspects de bon dimensionnement des installations, de leur qualité, de leur montage et maintenance ainsi que les exigences en termes de déclaration des installations.

 

La rémunération de l'autoconsommateur/autoproducteur repose sur la facture évitée et sur la vente des excédents de production. Une prime complémentaire pourrait être versée lorsque les coûts de production ne sont pas couverts par ces deux premiers termes. Il est notamment recommandé d'asseoir le modèle de rémunération sur un système permettant de valoriser les kWh autoconsommés et les kWh injectés, prenant en compte les enjeux liés aux contraintes de puissance injectée et permettant de prévenir tout effet allant à l'encontre de la maîtrise de la demande d'énergie et tout déplacement de consommation indésirable.

 

Gaëlle Guyard
Code permanent Environnement et nuisances

 

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